L’équilibriste et le Perchoir, 2020

Perché sur un élévateur rue du Grand Hospice, bombes de spray en mains, j’ai rencontré un jour Bozko en 2018 alors qu’il terminait sa fresque. Caractère trempé, il ne voulait par trop être photographié.

L’artiste est issu de l’académie des Beaux-Arts de Sofia et son projet est d’inspirer les quartiers par un imaginaire issu des comics aux ambiances un peu noires tout en restant conforme aux attentes d’une commande d’une ville.
Ses couleurs rayonnent lorsque la grisaille l’emporte.

Dans cet environnement, le diable se trouve dans les détails comme le dit l’adage. Et en y regardant bien, des antennes de télécommunications situées autour de l’immeuble sont cachées par la force graphique de la fresque.

Fresque du "street artist" Bozko située à deux pas de la place Saint Catherine de Bruxelles. Elle représente un personnage au crane rasé assis sur une balançoire qui semble suspendu.
Fresque de l’artiste BOZKO – © Juin 2020 Bruno D’Alimonte

En 2013, la ministre en charge de l’environnement, Evelyne Huytebroek avait tenté de fixer, par principe de précaution, une norme hyper stricte en matière de rayonnement électromagnétique à 3 volts par mètre. Depuis, en 2014, en Région de Bruxelles-Capitale, par principe de consensus, la norme de 6 volts par mètre a été adoptée.

En 2020, les objets connectés sont partout et la voiture auto-pilotée est une réalité. Les machines disposent de la puissance de calcul nécessaire. Il ne leurs manque plus qu’une infrastructure de communication performante à la réception des données : aujourd’hui la norme 5G est la source provisoire de ce changement.

Mal nécessaire à l’évolution, nous savons que le politique agit pragmatiquement face aux sujets polémiques; nous vivons volontairement suspendus à jouer le grand-écart entre écologisme et égocentrisme dans l’agitation permanente de l’hyperconnexion.

Pendant ce temps, le personnage de Bozko nous renvoie à notre impuissance. Depuis son perchoir, il nous invite à nous asseoir, courber l’échine et nous balancer du haut de nos chaînes dans l’attente de nouveaux équilibres incertains.

Bruxelles Chez Soi?