Bruxelles à la campagne, 2020

Le lockdown vous a empêché de venir? Il vous faudra peut-être repenser le tourisme et/ou le travail.

Près de Sombreffe, un imaginaire kitch inspire une solution toute locale aux nostalgiques de la capitale. Laeken n’est pas loin au final et Bruxelles chez soi, c’est comme l’Atomium à Sombreffe ou le Manneken Pis à Durbuy.

photographie d'un pastiche d'Atomium situé dans la campagne près de Sombreffe © 2020 Bruno D'Alimonte
Bruxelles à la Campagne © juin 2020 Bruno D’Alimonte
Continuer la lecture de « Bruxelles à la campagne, 2020 »

Une Néréide à Léopold, 2020

Jean de Bologne (1524-1526), l’auteur original de cette fontaine, partit à 20 ans de Mons pour Rome et y devenir disciple de Michel-Ange. Il développe ensuite son style maniériste à l’apogée Cinquecento.

Le sculpteur Jean Bologne signait de multiples manières ; souvent il se référait à sa patrie d’origine en ajoutant la mention « Flandri » ou « Belgae ». Son nom flamand véritable semble avoir été Jehan Boulongne, rendu en français par Jean Boulogne. On en fit en italien Giovanni Bologna, contracté plus tard en Giambologna.

Aujourd’hui à Bruxelles en 2020, la Fontaine de Neptune est restaurée. C’est une réplique exacte de la fontaine sise sur la Piazza del Nettuno à Bologne réalisée jadis par Jean de Bologne.
La commande vient du roi Léopold II qui fit faire un moulage de la fontaine italienne et monter sa réplique exacte. Réalisée par le sculpteur romain Sangiorgi pour la modique somme de huit millions de francs payés entièrement par le roi, elle fut placée en avril 1903 à Laeken près du domaine royal.

Détail de la Fontaine de Neptune sise à Laeken en Belgique qui représente une sirène se tenant les seins. Photographie de Bruno D'Alimonte
Une Néréide à Léopold © 2020 Bruno D’Alimonte

Bien que la fontaine soit visible de loin, elle reste cependant peu accessible. Il faut s’en approcher. Je découvre alors une sirène sensuelle au sexe-coquillage qui s’offre aux regards. Comme ses trois autres compagnes, elles presse ses seins de ses doigts conférant à la pose un spectacle assez concupiscent.
Les néréides, sortes de prêtresses des abysses, assises sur les quatre points cardinaux, représentent l’étendue du monde dompté par le dieu marin musclé Neptune.

L’histoire ne raconte pas les intentions de Léopold II.

Se projetait-il puissant comme un dieu?
Voulait-il rapatrier l’essence de Jean Boulogne, cet artiste wallon d’inspiration flamande ayant étudié à Mons qui fît carrière en Toscane?
Était il d’un genre lubrique ou simplement un amoureux d’art?

pour aller plus loin :

La chaînette et le sens interdit, 2020

Bruxelles, photographie de l'intérieur d'un bus de la STIB durant la pendémie de coronavirus où l'on voit une signalétique interdisant de se rapprocher du chauffeur.
La chaînette et le sens interdit © 2020 Bruno D’Alimonte

Bruxelles, 15 mars 2020, Laeken sur le pont Van Praet, à bord du nouveau bus 56 les passagers découvrent l’isolement du chauffeur de la STIB. La pandémie que connaît la Belgique impose une distance de sécurité entre les habitants afin d’éviter une contagion incontrôlable du COVID-19 ou coronavirus. Il en résulte qu’il devient impossible d’acheter son ticket à bord et que tout rapprochement vers le chauffeur est formellement prohibé.

Cette image paisible, quasi banale est pourtant signifiante. La réalité ponctuelle atteste de l’adaptation aux circonstances. Les bus, comme les sociétés se modernisent à la mesure des avancées technologiques. Cependant les circonstances obligent des changements radicaux parfois incompatibles avec la modernité.

Le chemin évolue et le monde s’adapte avec les moyens du bord, comme une chaînette avec un sens interdit.

Golden sixties, 2019

Photographie de la fresque de Kiekeboe près de l'atomium © 2019 Bruno D'Alimonte
Golden Sixties © 2019 Bruno D’Alimonte

Avenue du Gros Tilleul à Laeken,  les places de parkings végètent comme  la fresque oubliée de Kiekeboe (Fanny et Cie pour les francophones). On y savoure une grosse voiture américiane avec l’Atomium, et des personnages colorés qui s’amusent. Les Golden Sixties et le tout à l’automobile sont à présent un lointain souvenir. La fresque dont la peinture se craquèle l’atteste.

Pourtant, derrière, le lieu est réputé pour y jouer à “Fast & Furious”. Les amateurs d’autos “tunées” ignorent encore qu’ils seront les prochains oubliés de l’Atomium.