Parole, 2020

Etterbeek, mai 2020, sur le boulevard Général Jacques, la vue depuis le pont de chemin de fer nous offre en spectacle un duel typographique en phase avec les conflits de générations. En chantonnant, “Parole-Parole” cette chanson au style suranné des années 70, je pense à nos espaces publics bordés de murs. Ils sont ces portes-voix anarchiques que l’on aime finalement voir pour entendre, comprendre et critiquer.

Honneur aux anciens

Un peu éteinte, une fresque publicitaire bilingue d’une époque révolue, fait référence à Ovomaltine, cette poudre chocolatée énergisante créée par la société suisse WANDER S.A. et située jadis avenue de la Couronne dans les années 50, tout juste derrière.


Son slogan : “OVOMALTINE DONNE DES FORCES – GEEFT U KRACHT.

photographie d'une fresque de Parole, artiste de street art à Bruxelles qui s'oppose à une fresque publicitaire ovomaltine de la société Wander implantée jadis dans les années 50. © 2020 Bruno D'Alimonte.
Parole © mai 2020 Bruno D’Alimonte


Et place aux jeunes

Sur l’autre versant de l’immeuble, face à nous, 2 cris en capitales sont exécutés de manière artisanale. “PAROLE-PAROLE” , ces 2 mots jumeaux, sont peints à la main et issus des pratiques du street-art contemporain.
Cette création est l’œuvre de l’artiste autodidacte éponyme PAROLE, originaire du graffiti. Il aime à écrire spontanément et à permettre les interprétations.

Au tour de l’interprète, cet affabulateur

Conflit de génération, pied de nez à la publicité, dans quel jeu de dupes le spectateur de l’espace public est-il situé?

Les 2 fresques s’opposent en tout :

  • contenu conformiste, mercantile, légal et ancien.
  • contre contenu artistique, d’expression, rebelle et actuel.

Qui des deux est plus en droit de “parole”?


La chanson “Parole Parole” traite de la séduction par le mensonge et aborde d’une certaine manière la fidélité à la manière d’une conversation de couple où personne n’est dupe.

Bruxelles chez soi?

Comme j’aimerais que tu me comprennes.
Rien que des mots
Que tu m’écoutes au moins une fois.
Des mots magiques des mots tactiques…

Extrait de Parole Parole, une chanson italienne écrite par Leo Chiosso et Giancarlo Del Re en 1972 et reprise par Alain Delon et Dalida

La Peur, 2020

Est-ce bien l’endroit pour “faire l’autruche“?

À Bruxelles, le parc Léopold situé à deux pas du Parlement Européen est depuis 2016 habité par un troupeau d’autruches probablement en béton. Certaines, résolument craintives, ont la tête dans le sol.
Dessinées par le bureau d’architecture ixellois MSA, les autruches ont été réalisées par Concrete Styling. Officiellement, ces sculptures sont un clin d’œil au jardin zoologique qui y était basé jadis de 1851 à 1880.

Photographie d'une sculpture d'autruche qui a la tête dans le sol devant le Parlement Européen de Bruxelles. © photo :2020 Bruno D'Alimonte
La Peur © 2020 Bruno D’Alimonte

Cependant, on peut se demander dans quelle mesure ces sculptures d’oiseaux magnificents et craintifs n’interpellent pas le politique en général, ce bouc émissaire parfait, à qui l’on reproche souvent son détachement de la réalité quotidienne.

Plus généralement, alors qu’il est facile de viser des coupables, je pense que nous avons notre part de volatile dans ce zoo qu’est la vie où toute peur du changement ajoute bien un “frein à l’immobilisme“.

Le Miroir de la rue Froissart, 2019

Une histoire en trompe-l’œil

photographie en noir et blanc représentant un chantier dans la rue Froissart pour lequel une illusion de végétation est présente en trompe-l'œil. © 2019 Bruno D'Alimonte
Le Miroir de la rue Froissart © 2019 Bruno D’ALIMONTE

À Bruxelles, le béton et les chantiers ne sont jamais anodins même au Centre de Congrès de la Commission Européenne Albert Borschette situé au 36 de la rue Froissart à Etterbeek.
Ici les arbres sont faux et les fenêtres-miroirs, au-dessus, renvoient l’image des façades qui semblent trembler et craindre une destinée funeste.

L’image existe en couleur aussi.