Averse à Simonis , 1999

En 1999, la voiture individuelle en ville est patience et attente.
À la sortie Simonis du tunnel Léopold II à Molenbeek, à bord de ma Renault 5 dont les essuies-glaces par temps de pluie sont approximatifs, la vue vers l’extérieur relève du mythe de la Caverne de Platon.

Devant moi, il y a un autre moi que je déteste. Dedans, c’est ma petite “maison”, j’y pilote mon imaginaire qui décolle pour envisager le bout du tunnel, cette sortie vers le paradis des automobiles qu’est l’autoroute.

Photographie d'une voiture sous une pluie battante dont l'eau ruisselle depuis le pare-brise à la sortie Simonis de la petite ceinture de Bruxelles au niveau du tunnel Léopold II. © 1999 Bruno D'ALIMONTE
Averse à Simonis © 1999 Bruno D’Alimonte

À Bruxelles, symbole à abattre depuis plus de 10 ans, l’automobile personnelle est victime des nouvelles politiques urbaines.

Les arguments sécuritaires et écologiques sont légion. Il en découle des mesures décourageantes voire pénalisantes : vitesse limitées à 20 ou 30km/h, taxation forte pour les véhicules polluants, stationnement payant partout dans la ville et réduction de l’espace dédié aux automobiles au profit d’autres moyens de locomotion.
La voiture partagée, les transports publics et le vélo représentent les nouvelles solutions de déplacement.

Si ce changement de paradigme apporte des réponses aux alternatives de mobilité, il interroge particulièrement notre psychologie.

Imagine James Bond sans sa voiture?

Les voitures sont comme les êtres humains: elles ont toutes des personnalités.

Luc Dupont, professeur au département de communication de l’Université d’Ottawa – (La Presse)

Fortement connotée, la voiture est un symbole de réussite et de représentation sociale. Elle est le prolongement de l’individu au point qu’aucune voiture n’est achetée que pour des raisons objectives. Et puis que serait Batman sans sa batmobile, James Bond sans son Aston Martin ou l’héroïne de Kill Bill sans son inimitable Chevrolet C2500 Silverado Fleetside jaune?

Sa dépendance est réelle pour certains plus que d’autres et l’avenir de cette nouvelle mobilité bruxelloise et urbaine devra passer par une révolution culturelle et une campagne de propagande ciblée à l’encontre de ces objets du désir.

Bruxelles Chez Soi?